Pour le retrait de la loi Blanquer et des cités éducatives : résolution adoptée à l’unanimité par les 350 participants au congrès du SNUDI-FO 94 le 24 mai 2019

Le congrès du SNUDI-FO 94 se tient deux mois après que, le 19 mars au matin, plus de 600 professeurs des écoles du Val-de-Marne, se sont rassemblés devant la DSDEN, avec les syndicats SNUDI-FO, SNUipp, SUD Education et CGT Educ’action, répondant à l’appel lancé par l’assemblée générale des 71 collègues de Fresnes, pour le retrait du projet de loi « école de la confiance » dit loi Blanquer et contre le projet de la DASEN modifiant les règles du mouvement des personnels. Depuis deux mois, les grèves et mobilisations, les réunions avec les parents se sont succédées.

Ni principaux adjoints, ni responsables de site : un appel de 265 directeurs du Val-de-Marne

Fait sans précédent, alors que la DASEN convoquait et réunissait tous les directeurs du départements pour leur vanter les bienfaits de la loi « école de la confiance », 265 directeurs du département (soit près de 45%) dans un appel nominal public se prononçaient pour «le retrait du projet de loi « école de la confiance » et déclaraient « Si les compétences qui sont aujourd’hui celles des directeurs (définies par l’article L411.1) étaient exercées demain par le principal et son adjoint, il est clair qu’il n’y aurait plus de professeur des écoles directeur d’école dans chaque école. C’est indéniable ! Et la consultation, voire l’approbation, de la constitution d’un EPSF par la communauté éducative n’y changera rien.

Nous ne sommes ni principaux adjoints, ni responsables de site, nous sommes professeurs des écoles chargés de direction et nous voulons le rester. »

Il n’y a rien à amender dans le projet de loi Blanquer…

L’annonce par le Ministre le 16 mai de la suppression de l’article sur les EPSF est à mettre au compte de la mobilisation massive des enseignants. Pour autant, cela ne change pas la nature réactionnaire de la loi Blanquer, qui reste totalement inacceptable.

Pour le congrès du SNUDI-FO 94, faire reculer Blanquer nécessite d’être clair et net, il n’y a rien à amender ou à réécrire dans le projet de loi, l’exigence qui rassemble les enseignants c’est le retrait. Les journées de grève « saute moutons » ont montré leur inefficacité. Faire reculer le gouvernement nécessite de préparer la grève massive continue, jusqu’au retrait.

La motion adoptée à l’unanimité par les 600 à Créteil, le « mandat du 19 mars », se concluant par l’appel à se réunir dans les écoles et les communes en assemblées intersyndicales locales pour réaffirmer les revendications, discuter des moyens de les faire aboutir et désigner des délégués afin de décider ensemble, des initiatives à prendre pour obtenir satisfaction est plus que jamais d’actualité.

Construire la grève massive sur une revendication précise

C’est en construisant la grève massive sur une revendication précise, en rassemblant à plusieurs reprises les délégués des écoles avec le SNUDI-FO et le SNUipp, que les enseignants de Villejuif ont imposé le retrait du projet de fusion des écoles maternelle et élémentaire Paul Vaillant-Couturier, ballon d’essai des regroupements de la loi Blanquer dans le département.

Il y a une semaine, devant le Sénat, Blanquer déclarait : « Je le constate, il y a eu des malentendus autour de l’école du socle. Il faut donc prendre le temps de la réflexion en articulant ce sujet avec la question du directeur d’école et de la revitalisation du monde rural dans une vision systémique. Le débat est désormais très ouvert ; il nous occupera, au-delà de ce texte, durant plusieurs mois, en concertation avec les syndicats et les associations d’élus. »

Il s’agit clairement pour le Ministre de poursuivre la mise en place des regroupements d’écoles et de la constitution d’établissements autonomes territorialisés avec un chef d’établissement du type EPSF.

Avec les cités éducatives le Ministre tente de poursuivre la mise en place des regroupements d’écoles et la constitution d’établissement autonomes

C’est dans ce cadre que s’inscrivent la mise en place de 4 cités éducatives dans notre département (80 dans toute la France) : Créteil, Champigny-Chennevières, Orly et Villeneuve-St-Georges. Les maires de ces communes doivent apporter leur réponse avant le 30 juin .

Le congrès apporte son soutien à la lettre des collègues des écoles Anatole France du Bois l’Abbé à Champigny, décide de la diffuser largement, dans tout le département, et d’organiser sur cette base des réunions dans toutes les écoles des différents quartiers du Val-de-Marne ciblés pour mettre en place des cités éducatives.

Le congrès du SNUDI-FO 94 approuve les prises de position unanimes des représentants du SNUDI-FO 94, du SNUipp-FSU 94, de la CGT Educ’action 94 et de Sud Education 94 et de l’ensemble des participants à l’assemblée départementale du 9 mai à Ivry :

  • concernant les cités éducatives : les organisation syndicales rencontreront les Maires de Créteil, Orly, Champigny et Chennevières en leur demandant de refuser de signer les conventions mettant en place les cités éducatives,
  • concernant notamment la manifestation du 1er mai : condamnation de la violente répression organisée par le gouvernement contre les organisations syndicales, les gilets jaunes et dans les différentes manifestations.

Défense de l’école maternelle

L’école maternelle est mise en cause par l’article 4 bis du projet de loi Blanquer qui autorise les jardins d’enfants (sans enseignant) à transmettre l’instruction au même titre que l’école maternelle.

Le congrès du SNUDI-FO 94 réaffirme ses revendications :

  • Retrait de la loi Blanquer !

  • Abandon des cités éducatives

  • Maintien du statut national des professeurs des écoles dans le cadre du statut général de la fonction publique !

  • Non aux regroupements fusions d’écoles !

  • Ouverture immédiate des classes demandées par les écoles !

  • Annulation de toutes les fermetures !

Résolution adoptée à l’unanimité des 350 présents.

Cité éducative : Lettre adressée par des enseignants des écoles Anatole France maternelles 1 et 2, élémentaires A et B du Bois l’Abbé à Champigny-sur-Marne

Monsieur le Maire de Champigny-sur-Marne

Nous, enseignants des écoles maternelles et élémentaires Anatole France de Champigny, syndiqués et non syndiqués, nous nous sommes réunis vendredi 17 mai en présence du SNUDI-FO et de Madame Zélioli, Maire-Adjointe, après avoir appris que le Ministre a annoncé son projet de constituer une cité éducative dans les quartiers du Bois l’Abbé à Champigny et à Chennevières.

Nous sommes enseignants fonctionnaires de l’Etat nous voulons le rester. Nous ne voulons pas devenir des « moyens mutualisés » dont l’utilisation serait déterminée par un contrat (une convention) que vous signeriez avec le maire de Chennevières et le représentant de l’Etat. Nous ne voulons pas être placés sous l’autorité « d’un Principal de collège chef de file pour l’ensemble des établissements relevant de la cité éducative ».

Nous relevons de l’Education nationale et nous voulons garder les mêmes droits que les collègues des autres écoles. Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation d’exception pour nos droits et le fonctionnement de nos écoles. Nos élèves ont droit à l’égalité, aux programmes nationaux, aux diplômes nationaux. Nous refusons toute remise en cause de nos garanties statutaires de fonctionnaires d’Etat, au profit de la convention que vous signeriez mettant en place la cité éducative du Bois l’Abbé. L’école publique ne peut être que nationale.

Monsieur le Maire, l’école publique républicaine c’est l’égalité des droits, ce n’est pas une école « sous contrat ». Nous nous battons pour le retrait de la loi Blanquer et ses EPSF. Il est hors de question pour nous d’accepter leur mise en oeuvre par la création d’une cité éducative.

Nous avons subi pendant plusieurs années la réforme des rythmes scolaires qui générait confusion entre l’école, le centre de loisirs, l’association culturelle ou sportive, qui opposait les personnels les uns aux autres en imposant la mutualisation des locaux… Ce sont tous les méfaits de la réforme des rythmes scolaires, rejetée massivement par les enseignants et les parents, qui seraient amplifiés et érigés en système de fonctionnement avec les cités éducatives.

Nous avons alerté les autorités de l’Education Nationale sur la situation de nos écoles. Des classes ont été fermées, les décharges de direction remises en cause. Résultats une classe de CM1 a vu se succéder 19 remplaçants. La cité éducative ce n’est pas l’ouverture des classes demandées, le rétablissement des décharges supprimées. Au contraire, c’est la « mutualisation des moyens », dont nous savons tous par expérience qu’elle entraîne des fermetures de postes.

Monsieur le Maire nous avons appris que vous aviez jusqu’au 30 juin pour donner votre réponse. Aussi, nous vous demandons de refuser la création d’une zone d’exception au Bois l’Abbé et de ne pas vous engager, de ne pas NOUS engager dans la création de cette cité éducative.

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